Mercredi dernier le Crédit Agricole Touraine Poitou accueillait Hervé Novelli, ancien ministre et à l’origine de la création du statut, à Tours pour le 10ème anniversaire de la création de la micro-entreprise.

Le statut de l’auto-entreprise (puis de la micro-entreprise) a modifié considérablement le paysage français ces 10 dernières années. Avec sa création, tout est devenu possible. Et le “si je me lançais?” est devenu une injonction plutôt qu’un regret.

Depuis 10 ans, en quelques clics, gratuitement, on peut lancer sa “petite entreprise” qu’on soit salarié, retraité ou étudiant en quête d’un complément de revenus ou pour tester une idée. Et puis, des initiatives, comme les “cafés de la création” du Crédit agricole, les start-ups WE, les “5 jours pour entreprendre de la CCI” sont venus apporter des réponses très concrètes aux questions des néo-entrepreneurs.

Tout n’est pas parfait dans ce dispositif mais sa simplicité en fait son succès. 300.000 à 400.000 nouvelles micro-entreprises sont créées tous les ans. Selon moi, c’est d’abord une nouvelle philosophie, une nouvelle vision du monde : l’audace au quotidien est enfin accessible à tous.

Oui, il y aura toujours les entrepreneurs-nés. Et la création de ce statut n’y change rien. A l’ESCEM, comme ailleurs, on les reconnait vite ! Ce sont ceux que vous croisez aux Start-ups WE ou aux cafés de la création du Crédit agricole et qui intègrent PEPITE sans tarder. Ils sont impatients, créatifs, audacieux. Leurs phrases commencent souvent par “et si…”; ils ont 15 idées à la minute et tiennent difficilement en place jusqu’à leur diplomation.

Mais ceux-ci ne représentent qu’une poignée d’étudiants, y compris dans une école de commerce.

C’est pour tous les autres que l’existence de ce statut peut tout bouleverser. Aujourd’hui, que l’on travaille dans une administration, dans une banque, dans un grand groupe ou une PME, on a le droit d’oser et de tester une bonne idée. Chemin faisant, on développe les qualités d’un entrepreneur : l’obsession de la qualité du service rendu et de l’expérience client ; mais aussi l’anticipation, la créativité, la rigueur, la curiosité, la polyvalence… Bref, on se prendrait presque à rêver que tous les fonctionnaires et les salariés puissent transposer ce champ de compétences dans leurs missions principales et … mettre à profit leur capacité de réflexion, d’audace et d’engagement au sein de leurs organisations.

Je suis convaincue d’une idée : le manque d’initiative dans le monde du travail aura de moins en moins d’avenir. Il ne faut plus laisser aucune chance au hasard : les salariés doivent prendre le plus possible la main sur l’univers qui les entoure.