Souvent abordé lorsque l’on évoque la « 4e révolution industrielle », le sujet de l’automatisation intrigue autant qu’il divise. Les observateurs s’accordent à dire que le monde économique subira prochainement de grandes mutations liées aux nouvelles technologies. Un défi auquel devront s’adapter la société… et les établissements d’enseignement supérieur.

En France, 42% des emplois seraient potentiellement automatisables à court et moyen termes. C’est du moins ce que rapporte une étude du cabinet de conseil stratégique Roland Berger, datant de 2014, dans laquelle on apprend également que 3 millions d’emploi seraient purement et simplement détruits d’ici 2025. La semaine passée, le philosophe Florian Forestier, engagé dans le ThinkTank #leplusimportant, s’est longuement exprimé sur le sujet lors d’une conférence sur les nouvelles formes d’emploi organisée par l’Escem. Selon lui, il est urgent de s’intéresser au type de société que nous sommes en train de construire. De plus en plus de Français ont le sentiment que leur niveau de vie s’abaisse. Certains craignent de devenir les esclaves des “machines”, travaillant pour quelques euros pour faire le dernier kilomètre (uber eats) ou référencer des objets (Amazon Mechanical Turk) fonctions qui ne sont pas encore automatisables. Dans le même temps, une minorité, aux compétences très recherchées, profite d’un mercato mondial. Leur salaire et bonus paraissent totalement démesurés : ainsi en juin dernier, le Financial Times (Forget about the Tech Whales and worry about the minnows) s’inquiétait des bonus donnés par Google aux ingénieurs les plus méritants : 100 millions de dollars. Impossible pour une start-up de rentrer en compétition et de garder un génie de l’intelligence artificielle ou de la blockchain dans son équipe. L’automatisation des emplois ne bouleverse pas uniquement le monde économique. Son impact social est bien souvent sous estimé.

Faut-il pour autant tirer la sonnette d’alarme ? Pour Céline Mareuge, journaliste chez France Stratégie, « l’homme conserve un avantage comparatif sur la machine, de telle sorte que tous les emplois ne sont pas automatisables, loin de là ; seuls 15 % des salariés français pourraient en l’espèce être remplacés par un robot aujourd’hui ». Le Forum économique mondial estime quant à lui que, d’ici 2022, les nouvelles technologies vont créer plus d’emplois qu’elles n’en détruiront, en précisant toutefois que ces transformations « posent le risque d’accroître les écarts de compétence, d’augmenter l’inégalité et d’élargir la polarisation ».

Face à ce constat, les établissements d’enseignement supérieur réagissent pour former leurs étudiants aux métiers de demain (mais on ne les connait pas encore!), en les dotant de compétences valorisables sur le long terme. En cela, l’ESCEM est attentive aux attentes des recruteurs à court terme et aux profils qu’ils rechercheront dans l’avenir. En pédagogie cela nécessite de continuer à former des jeunes managers à la comptabilité (on en a besoin aujourd’hui!) mais surtout à les ouvrir à d’autres dimensions, à aiguiser leur curiosité et leur agilité pour les préparer au mieux au monde qui s’ouvre (il est fort à parier que nous n’aurons plus besoin de comptables et même de comprendre un bilan). Leur polyvalence et leur expérience doivent leur assurer un emploi dès leur sortie d’école mais surtout de pouvoir rebondir au fil des disruptions qu’ils vont vivre.

En ce sens, nous misons sur l’hybridation des compétences (projets avec d’autres écoles comme Brassart, par exemple, l’école d’art et de numérique de Tours), des challenges, des rencontres avec des spécialistes des nouvelles technologies), des départs à l’étranger, mais aussi sur l’alternance. Parce qu’il faut être employable dans les réalités d’aujourd’hui pour accompagner le changement demain.

La semaine prochaine, nous nous intéresserons justement à l’alternance, ses avantages et inconvénients. Restez connectés !