Par Anne-Ségolène, le 04/11/2019

2015 : Une fusion ratée, l’effondrement d’un colosse que nul ne pensait voir tituber un jour.

D’aucun pensait que tout était perdu, que c’était trop risqué de reprendre cette école et de la redresser. Elle avait été trop belle, trop grande, trop fière aussi. Retrouver un terrain d’expression dans un contexte très concurrentiel, dans la Région mais aussi en France, semblait impossible.

Après quelques mois de management de transition, l’école était reprise par 2 groupes qui, sur le papier, n’étaient pas destinés à travailler ensemble : l’une est une grande école qui ressemble à l’ESCEM en 2012 (l’international et la recherche) et l’autre est un groupe d’écoles privées dont l’ADN est la professionnalisation (via l’alternance) et la passion (le design, la photo, l’architecture, le luxe, le Business, l’informatique…). Un acteur de l’enseignement supérieur m’avait prédit un divorce dans l’année : “le mariage de la carpe et du lapin, ça ne fonctionnera jamais…”

Ainsi, ils étaient nombreux à penser que j’étais audacieuse pour ne pas dire un peu “folle” de m’embarquer dans une aventure qu’ils jugeaient perdue d’avance, avec des problèmes qui allaient vite se révéler très opérationnels, toujours nombreux, parfois difficiles et conduisant à quelques décisions cornéliennes qu’il a bien fallu prendre (fermeture du campus de Poitiers notamment).

2016 : on s’est donné 3 ans pour voir si avec toute l’énergie du monde, ça pouvait marcher.

Certes, 3 années en avis de tempête permanent, à confronter ce qu’on imaginait à la réalité, à modifier encore et encore jusqu’à trouver notre voie, à s’adapter sans cesse. A la rentrée 2016, ils sont donc moins de 250 étudiants inscrits à l’ESCEM : des étudiants en bachelor sur les 3 campus et 12 étudiants en mastère. A peine 90 étudiants à Orléans.

Victoria K., étudiante en Mastère Marketing & Communication

Rentrée 2019 : elle s’est révélée plus belle qu’on l’espérait !

  • 550 étudiants dont 185 à Orléans. 200 étudiants de cycle Mastère. Ainsi, en seulement un an entre la rentrée 2018 et 2019, nous avons observé une augmentation de 28% d’étudiants, toutes filières confondues.
  • Nous avons fêté le 300ème contrat d’alternance signé pour cette rentrée, le 1er octobre dernier. En 2016, ils étaient 22.
  • Nous avons renouvelé les visas du Ministère du l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation d’abord pour 2 ans en 2017 puis à cette rentrée, pour 4 ans. C’est la preuve la plus concrète du retour à la confiance des institutionnels.
  • Au niveau international, nous avons conservé 50 universités partenaires qui permettent à 60 étudiants tous les ans de vivre cette aventure. Nous sommes membres d’AACSB.
  • Nous avons multiplié par 10 nos partenariats avec les entreprises. Le dernier en date, le Crédit agricole de Touraine Poitou nous permet de nous exprimer de nouveau dans la formation continue des managers.

La machine toute rouillée que l’on m’avait confiée il y a 3 ans, s’est enfin dégrippée.

l’équilibre budgétaire, sans subvention de qui que ce soit, l’école est, en 2019, sur des bases saines pour aborder les 3 prochaines années. et surtout les nouveaux projets qui vont la propulser et accélérer son rayonnement.

Tout cela n’aurait jamais pu être possible sans la super équipe d’enseignants et de personnels administratifs qui, au quotidien, a montré sa capacité d’adaptation, sa souplesse, sa (très grande) rapidité d’exécution, son allant. je pense aussi à des enseignants internationaux qui avait quitté l’ESCEM et qui sont revenus et qui ont fait preuve d’un dynamisme et d’un pragmatisme remarquables. J’ai même été obligée de me fâcher pour empêcher certains de venir systématiquement aux événements organisés par et pour l’école, repos oblige.

L’engagement dans une vision partagée est ce qui fait la force de l’équipe aujourd’hui. En 3 ans de temps, malgré les nombreuses sollicitations, un rythme parfois effréné, je n’ai jamais eu de problème à organiser plusieurs événements à la fois sur les campus, y compris le week-end. On a eu des Booster Camps du Réseau Entreprendre en même temps que le #SocialSellingForum, la veille d’une journée portes ouvertes et en même temps qu’un concours. Qu’importe s’il faut tout faire, si le travail quotidien doit être rattrapé le dimanche, l’objectif de rayonnement est atteint. Evidemment, l’équipe a changé en 3 ans, certains sont partis vers d’autres horizons. Une chose est certaine, c’est que leur expérience à l’ESCEM leur permis d’exprimer tous leurs potentiels et de prouver qu’ils sont capables de s’engager complètement pour le succès d’un projet. Ceux qui nous ont rejoint continuent à faire bouger les lignes.

L’élan de solidarité des diplômés a été extraordinaire. Beaucoup sont revenus à l’école pour donner un coup de main : les jurys, les conférences, les cours, les concours… Certains, même très jeunes, sont devenus des fidèles de ces rendez-vous. C’est toujours un plaisir de vous revoir, certes dans une école qui a changé, mais aussi dans une école qui est tournée résolument vers l’avenir et qui est beaucoup plus souple et plus agile qu’auparavant

Ça n’aurait pas pu être possible sans le couple peu classique formé par le Réseau GES et d’Excelia Group. Rien ne les destinait à travailler un jour ensemble dans un projet que l’on a complètement hybridé : la souplesse et la professionnalisation du Réseau Ges couplé à l’excellence académique et au rayonnement international d’Excelia Group. J’ai eu la chance de pouvoir m’inspirer inlassablement de mes sisterschools et de beaucoup de bienveillance des équipes. Pour faire fonctionner ce type d’alliance, comme dans la vie, c’est avant tout une histoire de femmes et d’hommes qui parviennent à communiquer au delà de leurs différences.

Les chambres de commerce et d’industrie du Loiret, de la Vienne et d’Indre-et-Loire ont été à nos côtés, particulièrement dans la phase de remontée en puissance et aussi dans les périodes plus dures. Sans leur aide concrète et leur soutien, tout aurait été différent. J’ai pu aussi compter sur l’appui, d’abord timide puis inconditionnel de nos métropoles, d’hommes et femmes, quelle que soit leur obédience politique. Une école doit s’inscrire dans la stratégie de son territoire, avoir une ambition d’excellence au service des entreprises et de l’économie de sa région. C’est la signature de l’ESCEM nouvelle génération.

Et puis il y a eu des étudiants et des familles qui ont adhéré au projet et se sont projetés avec nous l’avenir. Fiers de leur école, conscients de vivre quelque chose d’extraordinaire et de l’énergie qui les entourait, ils ont participé à nos côtés, par leur dynamisme et leur allant, à cette remontée en puissance.

Bref, la rentrée, c’est l’occasion de jeter un œil dans le rétroviseur, de contempler le chemin déjà parcouru, de mesurer les progrès, d’être fière aussi du pari réussi. Et c’est aussi le moment de se projeter avec tout autant d’énergie et de plaisir dans la prochaine phase qui promet d’être tout aussi exaltante !

William A., étudiant en MSc International Marketing and Communication – Happy Color 2019 à Tours

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