C’est en 2014 que j’ai été mordu par le virus. Ma sœur venait d’acheter une vieille Mini Cooper Spirit 1300, millésime 1964. Elle voulait la même voiture que « Braquage à l’italienne » mais ne s’est pas rendue compte de l’ampleur de la tâche qui l’attendait. Aussitôt achetée, elle s’est rendue à l’évidence : elle n’était pas de taille. J’avais 17 ans et c’était mon premier défi.

Le vendeur avait la taille d’Hagrid et avait donc démonté le siège avant pour pouvoir la conduire. Entre le moteur qui avait rendu l’âme, la carrosserie et les trous dans le plancher, cette Mini était loin d’être une affaire pour 1000 euros.

La première étape a consisté à tout démonter : l’avantage, c’est qu’on peut s’y prendre n’importe comment, dans n’importe quel ordre. Cependant, il est impératif de s’en souvenir au moment de tout remonter.

La deuxième étape est l’étape du carrossier : faire disparaître la corrosion. Découper puis souder des morceaux de tôle. Poncer jusqu’à ce que toute la surface soit lisse… Il faut compter au moins 50 heures de ponçage. Chez un carrossier, comptez 45 €TTC/h au minimum sans certitude de résultat. Une petite fortune sauf à apprendre à le faire vous-même.

La troisième étape : c’est la peinture. Ça devrait être l’étape la plus sympa. Mais c’est un métier de chimiste. Il faut respecter les conditions de température et de pression et une atmosphère la plus propre possible. Ça signifie qu’il faut bâcher l’atelier, et enfiler des combinaisons d’astronaute. Comme nous ne sommes pas des pros et plutôt des perfectionnistes, il a fallu s’y reprendre à trois fois avant d’avoir un résultat voulu. Chaque erreur équivaut à plusieurs heures de ponçage et ça signifie qu’il faut tout recommencer à nouveau.

La quatrième étape nécessite de la dextérité et de la mémoire. Mieux vaut avoir pris toutes les photos nécessaires au moment du démontage pour savoir comment remonter la voiture mais aussi pour la faire expertiser et assurer au juste prix. Un assureur voudra savoir quels matériaux, l’état de la carrosserie et quel moteur ont été ajoutés. Le risque c’est de ne pas pouvoir la faire rouler et de pas être assuré en cas d’accident.

L’enjeu majeur est de trouver les pièces d’origine. Avec Internet, tout est possible. Les jantes viennent de Belgique, le compteur d’Angleterre, autant d’occasions de passer quelques week-ends de découverte. Et si vraiment, la pièce est introuvable, les pièces d’origine peuvent être reproduites avant une imprimante 3D. Attention aux arnaques et attention aux réseaux des marques : certaines comme Peugeot refusent pour l’instant, de reproduire leurs pièces avec une imprimante.

La fin de l’histoire : j’ai eu la chance de la conduire une fois. Je l’ai montée à 140 km/h. Bon, il n’y a pas d’air bags… Achetée 1000€, nous avons investi 4000€ et beaucoup d’heures de travail. Aujourd’hui, elle vaut entre 10 000 et 14000€. Et je ne l’ai jamais revue car ma sœur est partie à Bordeaux avec elle.

Cette passion est dévorante. La réfection de cette première voiture a pris deux ans de week-ends entiers passés au chevet du futur bolide.

Pour me consoler, j’ai acheté une Alfa Romeo Berton. Elle ne roule pas. Elle est dans un piteux état. Et j’en ai pour au moins deux ans de week-end à passer avec elle…

Voici, pour vous faire rêver, quelques photos avant/après :

Je souhaiterais créer une association permettant d’offrir une formation sur 2 années pour des personnes en difficulté dans un but de réinsertion (Ancien prisonnier, enfant en foyer, étranger) afin de partager ce savoir-faire et donner la chance à certains de s’en sortir avec une réinsertion en douceur dans le monde du travail. Ce travail permet de donner un sens dans l’effort car c’est une mission commune qui demande beaucoup de cohésion et de travail.